08.06.2008

Le syndrôme de l'après

Lorsque je sors d'un livre qui m'a passionné, dans lequel j'ai vécu durant quelques jours, je mets un certain temps à réussir à me plonger dans une autre histoire. Alors je papillonne, je vais butiner dans un premier livre, feuilleter les premières pages d'un second, me perdre dans les méandres d'un roman déjà lu et connu par coeur, recontrer Darcy à la sortie de chez les Collins après sa demande rejetée, puis revenir au premier livre, chercher à me concentrer pour connaître la fin de ces histoires qui m'intriguent mais que je n'arrive pas à poursuivre.
Très souvent, ces romans commencés au crépuscule d'un autre vont rejoindre mon cimetière de livres hanté par les épaves de ces fictions uniquement appréhendées que je n'ai achevées que dans mon imagination.

02.06.2008

Orhan Pamuk

J'avais lu, émerveillée, il y a cinq ans, Mon nom est rouge. Bien plus que l'intrigue policière, c'est le milieu de l'enluminure orientale au XVIe siècle qui m'avait passionnée, et la bataille entre traditionnalistes et partisans de la manière italienne. Or, je me suis rendue compte il y a peu que son auteur, Orhan Pamuk, ne faisait pas l'unanimité. Bien au contraire.
Je viens d'achever Neige, acheté sur les conseils de Liber, Libri. Et parlant de cette lecture autour de moi, je me suis aperçue que beaucoup de gens n'avaient pas réussi à finir les romans qu'ils avaient commencé (que ce soit Mon nom est rouge, Neige, Istanbul ou La vie nouvelle). D'autres au contraire s'enthousiasmaient sur les lectures qu'ils avaient faites. Entre ces deux extrêmes, point de milieu. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cet auteur ne laisse pas indifférent. Ce que je puis comprendre, ses romans étant assez contemplatifs, engagés, et plutôt épais. Pourtant, je ne peux m'empêcher de me laisser prendre aux univers qu'il anime.
C'est donc décidé, je me lance à nouveau. Cette fois, ce sera La vie nouvelle.

31.05.2008

De la véracité de l'écrit

"Si vous me mettez dans un roman qui se passe à Kars, je souhaiterais dire au lecteur de ne rien croire de ce que vous écrivez à mon ou à notre sujet. Personne ne peut nous comprendre de loin."
Orhan Pamuk, Neige.

24.05.2008

La maison aux orties

Lorsque je pars en voyage, j'aime à me constituer une petite bibliothèque d'auteurs dépaysants et que je ne connais pas ou peu. Quoi de mieux, dans ce cas, d'aller piocher dans le catalogue de la collection Babel, qui offre un large panel d'auteurs de tous horizons, et qui de plus est l'une des plus agréables de l'édition française contemporaine ?
Or donc, pour ce voyage, ce fut Vénus Khoury-Ghata. D'origine libanaise. Je l'ai suivie dans sa Maison aux orties, peuplée du fantôme de sa mère, mais aussi de celui de son mari, qui au fil des pages lui font évoquer sa vie et l'inspiration littéraire. L'absence y devient présence, car bien plus que les vivants ce sont les morts qui peuplent ce livre au ton poétique.

Vénus Khoury-Ghata, La Maison aux orties, Paris : Actes Sud, 2006 (2008 pour le dépôt légal de l'édition de poche).

21.05.2008

Un Rimbaud retrouvé

Quel plaisir de se réveiller avec une telle nouvelle ! Dans un quotidien des Ardennes a été retrouvé un article d'Arthur Rimbaud, écrit à l'âge de 16 ans et signé d'un pseudonyme. Il témoigne de l'engagement politique du poète à l'époque de la guerre franco-prussienne, qui marqua de son empreinte les Ardennes. Son titre : "Le rêve de Bismarck", publié dans Le progrès des Ardennes en novembre 1870. Si vous conservez chez vous des numéros de ce journal, à vos gants et masques anti-poussière, il ne vous reste plus qu'à les éplucher.
L'article en question pourrait valoir 100 000 euros aux enchères. Espérons qu'il soit vendu pour moins cher au musée de Charleville-Mézières !

Et pour lire l'article, le journal L'Union le publie ici.

Nouvelle de ce soir : serait-ce une imposture ? Les paris sont ouverts.

11.05.2008

Chronique de lectures en devenir

Pas de voyage sans un bon livre : sans plusieurs bons livres, même. Pour celui-ci, au programme : Neige d'Orhan Pamuk, conseillé par Liber, Libri. Vivre pour la raconter de Gabriel Garcia Marquez, l'un des mes auteurs préférés (ah, la poésie de Cent ans de solitude). La maison aux orties de Vénus Khoury-Ghata. Auteur que je vais découvrir durant ces dix jours. Et bien sûr, pour un peu de détente, The Well of lost plots de Jasper Fforde.
En espérant que j'aurai le temps de lire tout ça... ce dont je doute.

10.05.2008

Quartier lointain

Hiroshi, homme d'âge mûr, prend en gare de Kyoto le mauvais train. Celui qui mène vers la ville de son enfance. Vers son enfance elle-même, puisqu'il se trouve soudain propulsé dans son corps d'enfant des dizaines d'années en arrière. Quelques mois avant le départ de son père. Qui a bouleversé sa famille. Pour avoir une chance de comprendre ce père qui a disparu soudainement.
Récit émouvant et poétique, personnages attachants, dessin extraordinairement juste : l'invitation de Jirô Tanigushi à nous suivre dans son Quartier lointain est à ne pas refuser.

"Qui d'autre pouvait comprendre l'urgence qui tenaillait mon père, celle d'un homme entre deux âges prêt à tout pour recommencer sa vie ?"
Jirô Tanigushi, Quartier Lointain

13.04.2008

Paris

"Ferez-vous un long séjour à Amsterdam ? Belle ville, n'est-ce pas ? Fascinante ? Voilà un adjectif que je n'ai pas entendu depuis longtemps. Depuis que j'ai quitté Paris, justement, il y a des années de cela. Mais le coeur a sa mémoire, et je n'ai rien oublié de notre belle capitale, ni de ses quais. Paris est un vrai trompe-l'oeil, un superbe décor habité par quatre millions de silhouettes."

Albert Camus, La Chute.

20.03.2008

Intrigue à l'anglaise

Péné, jeune conservatrice de musées fraîchement sortie de l'INP, est nommée au musée de la tapisserie à Bayeux. Autant dire Trou-les-Caouettes pour toute Parisienne férue d'égyptologie qui se respecte. Sauf qu'en haut lieu on doute de l'authenticité de ce chef-d'oeuvre du XIe siècle. Que la fin de la tapisserie, manquante, a l'air de vouloir reparaître. Et que des événements bizarres, violents, se produisent dans l'entourage de la jeune conservatrice ; qui se lance dans une enquête sur "son" objet d'art, son Wandrille sous le bras (bé oui, s'il y a un mec avec un prénom à coucher dehors, vous pouvez être sûrs que la conservatrice va être attirée par lui comme un tournesol par le soleil). Pour percer un mystère millénaire.
Un roman qui passe à la moulinette de l'humour un grand nombre de clichés sur le monde du patrimoine, du chartiste poussiéreux aux petits bonheurs du métier de conservateur. Un petit régal, forcément, métier oblige.

Adrien Goetz, Intrigue à l'anglaise, Paris : Grasset, 2007.

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05.03.2008

Buffy vous manque ?

Ne vous lamentez plus. Elle revient ! Par l'intermédiaire d'une adaptation de la saison 8 en BD, à sortir sous une nouvelle collection : Fusion Comics, créée par les édtions Soleil et Panini. Ce nouveau logo devrait occuper une place de choix dans la traduction de comics américains en France, avec outre Buffy, une version de la série télévisée Heroes, mais aussi des adaptations de romans de Stephen King ou de films télé tels Volte Face, la première BD signée Nicolas Cage et bien d'autres titres encore prévus pour 2008 dans ce créneau teenage.
Alors bullons tranquilles ! Et longue vie à cette nouvelle collection.

21:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : lecture

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