22.11.2008
BookBrunch
Spotted on Livres Hebdo :
l'ouverture en octobre du site anglo-saxon BookBrunch, publiant des articles sur le monde du livre.
On peut y lire sur tout un tas de passionnants sujets : les livres bien sûr, mais aussi le monde de l'édition, le numérique, une rubrique enfants ainsi qu'une rubrique International. J'ai ainsi appris que la Booksellers Association avait peur du monopole Google. De même que l'European Booksellers Federation d'ailleurs. Brrr, de quoi faire faire des cauchemars...
Bref, des tas d'articles intéressants, notamment sur le blog du site. Tout ceci pour le moment accessible à tous. Mais qui devrait être payant à partir de 2009.
20:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.11.2008
L'échange
C'est ma place - pourtant payée à un tarif incroyablement élevé - que j'aurais bien échangée durant les longueurs du film. Malgré une affiche et un scénario alléchants, les cris et les pleurs d'Angelina Jolie m'ont vite lassée, et je n'ai pas vraimentréussi à m'intéresser à l'histoire de cette mère de famille récupérant un fils qui n'est pas le sien.
Que manquait-il à ce film ? Je ne saurais le définir. Un supplément d'âme peut-être.
21:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
15.11.2008
Table ronde : Outils numériques et fonds anciens 2
Mes notes sur les interventions de l'après-midi. (En italique mes remarques)
1. Raphaële Mouren, ENSSIB : projet de bibliographie sur les éditions lyonnaises du 16e siècle (avec William Kemp)
Il existe déjà plusieurs travaux bibliographiques publiés sur ce sujet : au XIXe siècle, les travaux de Baudrier, puis la Biblioteca bibliographica aureliana. Ce projet a l'ambition d'apporter de nouvelles connaissances, grâce aux apports des nouveaux moyens électroniques, qui donneront la possibilité de faire vivre et évoluer cet outil, ainsi que d'y associer des images... A l'heure actuelle, les catalogues en ligne permettent de recenser des livres inconnus des bibliographies anciennes. Cette bibliographie a de même l'ambition de pouvoir identifier de nombreuses éditions encore anonymes. La décision a été prise d'écarter de cette bibliographie les incunables car sur ce sujet existent déjà de grandes entreprises collectives. R. Mouren revient sur d'autres projets allemands, italiens (Edit 16), écossais (recension de la production européenne du 16e siècle). Or, un constat s'impose : les bibliothécaires et les bibliographes ne communiquent pas, et aboutissent parfois à des résultats très différents (différence de choix dans la forme des notices). Ainsi les BDD VD 16 et VD 17 en revanche reposent sur des "moyens" bibliothéconomiques - norme ISBD (A) et logiciel Aleph. Les bibliographes en revanche sont tentés par un outil généraliste comme Access, or ce type de base de données est très difficile à mettre en ligne. L'université de Berkely a développé un outil propre : Cheshire 3.
La réflexion sur la description doit prendre en compte les besoins des chercheurs. Ainsi, la question des préfaces, pour l'outil concerné, a été l'objet d'une débat : les bibliographes ne donnent en règle générale que peu d'informations, mais il a paru important, pour pouvoir identifier les éditions, d'y consacrer un effort important. Les publics visés par cet outil ne sont pas forcément des historiens du livre, mais des chercheurs d'horizons plus larges. La souplesse des métadonnées a donc paru importante car elle permet plus de possibilités de recherche. De même, l'une des pratiques des bibliothécaires est remise en cause par les publications informatiques : il s'agit des abréviations : dans le cadre d'une publication papier, elle avaient une raison économique (économie du papier). Or, la question ne se pose plus au niveau informatique : le prix de l'octet n'a rien à voir avec le prix du papier. Pourquoi ne pas revenir sur cette pratique, qui rend bien souvent incompréhensibles les notices aux yeux des chercheurs ?
Il faut donc, dans ce type d'outil concilier pratiques bibliothéconomiques et besoins des chercheurs pour arriver à un outil optimal.
2. Stéphanie Charreaux, BIUM : la bibliothèque numérique Medic@ et le portail Histoire de la médecine de la BIUM
La bibliothèque numérique repose sur un système de bases de données File Maker Pro reliées entre elles et permettant des passerelles. Pour la mettre en place a eu lieu une recherche active de collaborations en France et à l'étranger avec des institutions et des chercheurs. En 2008, on comptait environ 5000 documents en ligne et 1,4 million de pages. Chaque mois, presque 2 millions de pages sont téléchargées par un public à 40% français, 30% européen et 30% venant d'autres parties du monde (notamment Etats-Unis). Les statistiques de consultation sont en croissance. L'un des développements récents est de proposer les documents téléchargeables en format PDF. Les contenus numérisés sont libres de droit et issus des documents de la BIUM ; les sujets pluridisciplinaires sont encouragés. Chaque document et chaque page ont une adresse numérique permanente qui permet la citation. Un serveur OAI a été mis en place en février 2007 afin de permettre le moissonnage des données. Enfin, la BIUM a mis en place un système de numérisation partagée, avec la BnF, le CESR, Paris 6 et la Cité des Sciences.
Toutefois se pose une question sur le devenir à moyen terme de la bibliothèque numérique : en effet, face au développement de grandes bibliothèques numériques (exemple de la numérisation de masse à la BnF), qu'adviendra-t-il des plus petites entreprises telles que celle de la BIUM (par exemple, le Wellcome Institute numérise chaque année 3 millions de pages alors que la BIUM en est à 300 mille) ? A l'heure actuelle, la BIUM continue dans la même optique, avec des contenus thématiques et une grande qualité de numérisation, une interface fiable et conviviale. Mais peut-être faudra-t-il à moyen terme opérer des changements. (L'orientation de numérisation pourrait se faire vers des documents uniques tels les archives, documents graphiques, ou exemplaires uniques ou présentant des particularités les rendant particulièrement précieux. La problématique des "petites" bibliothèques numériques m'intéresse particulièrement puisque nous sommes dans le même cas que la BIUM et une vraie réflexion est à mener sur le devenir de nos bibliothèques numériques)
3. Guillaume Hatt et Hélène Jouguet, ENC : les cartulaires numérisés d'Ile-de-France
La politique numérique de la bibliothèque de l'Ecole des chartes porte sur de petits corpus, consultables sur Elec, Editions en ligne de l'Ecole des chartes. Les cartulaires numérisés d'Ile-de-France en font partie. On trouve 15 cartulaires, et le corpus est enrichi de 5 cartulaires par an. Le choix de ce corpus s'est fait après le constat que ces éditions étaient très demandées par des lecteurs extérieurs à l'Ecole, notamment par l'intermédiaire du prêt entre bibliothèques. Les exemplaires de la bibliothèque ont été numérisés en mode image, puis on fait appel à un prestataire afin qu'il les numérise en mode texte. La navigation entre les deux modes est toujours possible pour les lecteurs, afin de faire les vérifications nécessaires. Le rôle de la bibliothèque est de choisir les ouvrages à numériser et de récupérer des prestataires les fichiers XML. Un gros travail est réalisé sur l'encodage (DTD TEI et métadonnées METS). L'encodage permet en effet un apport en matière de recherche. Un partenariat a été mis en place avec les chercheurs : ils réalisent pour chacun des cartulaires une introduction, pour l'édition en ligne. Un partenariat informel a été mis en place avec la BnF, car on trouve certains cartulaires dans Gallica, mais uniquement en mode image.
4. Aline Girard et Arnaud Dhermy, BnF : Gallica
Avec le passage à la numérisation de masse, la politique de numérisation de la BnF a beaucoup changé, et l'institution opère une politique de cocnertation à grande échelle, pour travailler au mieux à la constitution d'ensembles non redondants. Le passage en mars 2008 à Gallica 2 introduit de nouvelles possibilités pour les chercheurs. Les deux sites Gallica et Gallica 2 cohabiteront jusque mars 2009, date à laquelle Gallica 2 remplacera définitivement Gallica.
La politique de concertation numérique implique que la conservation des données numériques doit être garantie, dans le cadre d'un programme de concertation. On compte un certain nombre de partenariats : pour les sciences juridiques la bibliothèque Cujas, pour l'histoire de l'art la bibliothèque de l'INHA. Il existe aussi des partenariats pour des corpus plus ciblés : pour la numérisation de journaux des tranchées, participent la BDIC, la BNUS et la bibliothèque municipale de Lyon). Pour la numérisation des manuscrits et des éditions du Roman de la Rose, la BnF est le partenaire principal pour toutes les bibliothèques et se charge de la numérisation.
Les nouvelles fonctionnalités de Gallica 2 sont de données un accès plus important au mode texte. De plus, il permet de donner accès à des documents sous droits dans le cadre d'une expérimentation avec des institutions telles le centre syndical de l'édition ou le CNL par le biais d'e-éditeurs. C'est donc à la fois une librairie et une bibliothèque numérique.
Quel lien avec la recherche ? Il faut envisager comment valoriser un ensemble numérique. Trois orientations sont prises :
- axe de valorisation ponctuelle : par exemple des valorisations de type commémoratif
- choix de focus et de zooms proposés à la curiosité des internautes
- valorisation fondamentale, qui est le point central (je n'ai pas très bien compris ce qu'on entendait par valorisation fondamentale)
L'un des souhaits de la BnF est de faire connaître cette démarche, de faire savoir que ce sont des ressources disponibles, pour que les chercheurs puissent les valoriser. Gallica est également l'agrégateur pour les bibliothèques françaises qui souhaitent participer à Europeana. Elle a également commencé à s'étendre à la francophonie, avec un premier programme de numérisation portant sur la presse de l'ancienne Afrique française.
11:33 Publié dans Bibliothèques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.11.2008
Table ronde : Outils numériques et fonds anciens
J'assistais aujourd'hui à une table ronde organisée par l'Ecole nationale des chartes, Outils numériques et fonds anciens :questions de méthode. Cette problématique m'intéresse particulièrement puisque c'est l'un des problèmes auxquels je suis confrontée dans ma vie professionnelle quotidienne : quels outils, quelles coopérations mettre en oeuvre pour offrir aux chercheurs intéressés par les fonds anciens un outil qu'ils puissent s'approprier ? C'est donc avec intérêt que j'ai écouté les différentes interventions, et que je vous livre mes notes (sous forme de livraisons, je ne voudrais pas être trop indigeste) sur cette journée dont les textes devraient sous peu être mis en ligne sur le site de l'Ecole. Je m'excuse d'avance de certaines approximations dues parfois à un manque d'attention, ou bien à la volonté d'être synthétique dans la reprise de ces notes. Mais ce pourra être justement l'occasion de réagir et d'approfondir certains sujets.
(Vous trouverez entre parenthèses et en italique les réflexions que j'ai pu me faire durant les interventions)
Introduction, par Isabelle Diu (Ecole nationale des chartes) et Violaine Giacomotto-Charra (Université de Bordeaux 3)
L'idée de cette journée est née d'une expérience et d'un constat, autour du projet de recherche interuniversitaire sur le livre scientifique : réflexion sur la notion de livre scientifique et ce qui le définit. L'idée première était de pouvoir exploiter des sources pour la recherche, or ces livres font rarement l'objet d'une édition critique contemporaine. Or, il faut créer pour les chercheurs un accès à ces sources, sous forme numérique. A cette occasion, le constat a été fait que les problématiques des universitaires et des professionnels des bibliothèques étaient quelque peu divergentes. D'un côté, nous sommes dans une logique de "service maximum" (chercheurs) ; de l'autre, la logique prédominante est celle des collections et de leur mise en valeur (bibliothécaires).
Le travail de réflexion autour du livre scientifique se double de la constitution d'une bibliothèque numérique sur le livre d'astronomie. Or, il est intéressant de s'interroger sur la façon dont on peut imaginer de nouvelles structures de bibliothèques numériques. Des questions se posent : que numériser ? Comment organiser une bibliothèques numérique ? ...
1. Laurent Pinon, ENS Ulm : Constitution d'une bibliographie des livres scientifiques imprimés à Rome de 1527 à 1720
Le projet scientifique de cette bibliographie est de recenser toutes les publications sicentifiques publiées à Rome sur une période de deux siècles, et la possibilité d'ouvrir ainsi un nouvel axe de recherche sur les rapports entre l'église catholique et le monde scientifique. La bibliographie recense à l'heure actuelle environ 1300 éditions. Laurent Pinon est parti d'instruments de recherche existants, papier et informatiques, pour la constitution d'un instrument nouveau. Son enquête a commencé il y a environ 7 ans, ce qui pose un premier problème car depuis, les instruments ont changé, ce qui inclut de la part d'une personne travaillant sur une base de données bibliographique un travail de veille important. Un premier travail de repérage sur les catalogues permettant l'interrogation par lieu d'édition a été fait : catalogue de la British Library, Wellcome Institute, portail italien Internet Culturale, en complémentarité avec certains instruments papier. Un premier corpus d'auteurs et d'oeuvres ainsi constitué a permis de rebondir dans les recherches vers d'autres catalogues. Une fois les éditions identifiées, il a ensuite mené un travail de repérage des exemplaires accessibles aux chercheurs, notamment par le biais des métacatalogues.
Une fois le corpus constitué, il a fallu faire des choix quant aux champs décrits dans les notices, établir une liste de sujets fonctionnelle, et une rubrique de notes qui à l'heure actuelle pourrait être beaucoup plus structurée, tout ceci étant des questions de structure propres à la visée des isntruments de recherche. La base de données, alimentée sous le logiciel File Maker, est exportée deux fois par an et mise ainsi en ligne à disposition d'un public. Lequel ? C'est sans aucun doute un instrument confidentiel car très spécialisé, mais il n'y a à l'heure actuelle pas de comptabilisation des usagers de cet outil. Un travail important en tout cas reste à faire sur sa diffusion.
Plusieurs perspectives de développement : il faudrait séparer la base des auteurs de celle des fiches bibliographiques pour avoir une base de données parallèle des auteurs, facilitant à la fois recherche et saisie. A cette occasion, le problème de la validation et de l'uniformisation internationale des notices d'autorités est posée. Une autre perspective de développement se trouve dans l'ajout de références bibliographiques, qui ne sont à l'heure actuelle pas présentes ; enfin, il faudrait également créer des liens vers des exemplaires numérisés des éditions. Enfin, comment élargir cette base ? La fusionner avec des bases équivalentes ? Or, si l'on fusionne plusieurs bases, n'est-on pas réduit à des sortes de minima ? Enfin, la qestion se pose d'une collaboration avec les bibliothèques pour associer aux notices de leurs catalogues des liens vers cette base de données bibliographique.
2. Jacqueline VONS (Tours, CESR) : base DIONIS et constitution d'une base de données sur "La médecine à la cour de France"
Cette base de données n'a pas du tout la même histoire : elle a été "bricolée" (sic) à partir d'exemplaires trouvés à Tours, qu'il fallait tout simplement signaler et sauvegarder (envrion 25 ml, soit 250 à 300 exemplaires). Ce projet qui date du début du siècle (déjà !) était à l'origine une base d'images sur les livres médicaux. Le travail a été fait avec Excel, à partir de champs minimaux. Il existe à l'heure actuelle un descriptif plus complet des livres sous un format Word ; la question est posée de savoir comment récupérer ces données sous forme numérique (encodage ?)
En même temps, une autre base de données est en cours de constitution sur le site Cour de France ; il s'agit d'une base de publication en ligne de textes relatifs à la cour de France, en commençant par des rapports d'autopsie (un exemple là) ; l'idée est de mettre à disposition des chercheurs une transcription et le cas échéant une traduction de ces textes techniques, accompagnées d'une base de données biographique sur le monde médical à la cour de France. Les bases de données bibliographiques posent le problème des datations : comment retenir, entre deux dates, laquelle va faire autorité dans notre base ? Scientifiquement, le mieux serait que les deux figurent, mais est-ce lisible pour un chercheur ? Il est prévu, pour enrichir ces notices, une "case" observations/remarques/dialogue.
3. Consolacion BARANDA (Université de Madrid) : la Biblioteca digital de dialogo hispanico
LA BDDH a pour vocation de localiser des textes, mais aussi d'en faire une étude philologique. Elle s'appuie sur un instrument existant, qu'elle souhaiterait compléter et améliorer. Elle faciliterait la recherche dans différents domaines tels la philologie, la médecine, la philosophie. La disponibilité des textes est fondamentale. Elle est conçue comme une base relationnelle, mais aussi comme un outil collaboratif où l'usager pourrait proposer des améliorations de notices. Afin que le chercheur puisse citer la base de données, un code unique est donné à chaque notice, ainsi que des informations sur leur modification et leur actualisation.
Réfléxions sur les différentes interventions : le problème des liens et des interactions entre les bibliographies et les catalogues est abordé : comment faire pour faire profiter aux catalogues de bibliothèques des compléments d'informations que l'on peut trouver dans des bases de de données purement bibliographiques ? Il faudrait essayer de croiser toutes les ressources disponibles. Or, nous nous trouvons face à des tensions entre le respect d'un certain nombre de normes, et la nécessité pour les bibliographes d'avoir une grande liberté dans le choix des champs et la possibilité de les modifier. En bibliothèque, il existe de nouveaux formats sur lesquels on réfléchit afon d'augmenter la souplesse des données (FRBR). La question de la souplesse des métadonnées se pose, qui recoupe également la question des publics visés : lorsque nous visons plusieurs niveaux de publics, il faut pouvoir multiplier les formes sous lesquelles nous présentons les instruments de recherche ; cette question recoupe également le problème de la conception de l'interface, qui ne sera pas la même pour un large public ou pour un public très spécialisé. Enfin, la question d'un feuilletage "type instrument papier" se pose ; il est objecté que ce peut être un souhait de la part d'un bibliographe que l'on ne puisse pas visualiser toutes les notices de la bibliographie, afin de ne pas être pillé. (Je pense que si la notice mentionne une propriété intellectuelle, le problème ne se pose pas ; ainsi, c'est l'ABES qui est propriétaire des notices SUDOC. Mais peut-être ces deux exemples sont-ils différents, je ne suis pas spécialiste du droit et si quelqu'un pouvait m'éclairer un peu plus sur la question, j'en serais ravie).
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