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15.11.2008
Table ronde : Outils numériques et fonds anciens 2
Mes notes sur les interventions de l'après-midi. (En italique mes remarques)
1. Raphaële Mouren, ENSSIB : projet de bibliographie sur les éditions lyonnaises du 16e siècle (avec William Kemp)
Il existe déjà plusieurs travaux bibliographiques publiés sur ce sujet : au XIXe siècle, les travaux de Baudrier, puis la Biblioteca bibliographica aureliana. Ce projet a l'ambition d'apporter de nouvelles connaissances, grâce aux apports des nouveaux moyens électroniques, qui donneront la possibilité de faire vivre et évoluer cet outil, ainsi que d'y associer des images... A l'heure actuelle, les catalogues en ligne permettent de recenser des livres inconnus des bibliographies anciennes. Cette bibliographie a de même l'ambition de pouvoir identifier de nombreuses éditions encore anonymes. La décision a été prise d'écarter de cette bibliographie les incunables car sur ce sujet existent déjà de grandes entreprises collectives. R. Mouren revient sur d'autres projets allemands, italiens (Edit 16), écossais (recension de la production européenne du 16e siècle). Or, un constat s'impose : les bibliothécaires et les bibliographes ne communiquent pas, et aboutissent parfois à des résultats très différents (différence de choix dans la forme des notices). Ainsi les BDD VD 16 et VD 17 en revanche reposent sur des "moyens" bibliothéconomiques - norme ISBD (A) et logiciel Aleph. Les bibliographes en revanche sont tentés par un outil généraliste comme Access, or ce type de base de données est très difficile à mettre en ligne. L'université de Berkely a développé un outil propre : Cheshire 3.
La réflexion sur la description doit prendre en compte les besoins des chercheurs. Ainsi, la question des préfaces, pour l'outil concerné, a été l'objet d'une débat : les bibliographes ne donnent en règle générale que peu d'informations, mais il a paru important, pour pouvoir identifier les éditions, d'y consacrer un effort important. Les publics visés par cet outil ne sont pas forcément des historiens du livre, mais des chercheurs d'horizons plus larges. La souplesse des métadonnées a donc paru importante car elle permet plus de possibilités de recherche. De même, l'une des pratiques des bibliothécaires est remise en cause par les publications informatiques : il s'agit des abréviations : dans le cadre d'une publication papier, elle avaient une raison économique (économie du papier). Or, la question ne se pose plus au niveau informatique : le prix de l'octet n'a rien à voir avec le prix du papier. Pourquoi ne pas revenir sur cette pratique, qui rend bien souvent incompréhensibles les notices aux yeux des chercheurs ?
Il faut donc, dans ce type d'outil concilier pratiques bibliothéconomiques et besoins des chercheurs pour arriver à un outil optimal.
2. Stéphanie Charreaux, BIUM : la bibliothèque numérique Medic@ et le portail Histoire de la médecine de la BIUM
La bibliothèque numérique repose sur un système de bases de données File Maker Pro reliées entre elles et permettant des passerelles. Pour la mettre en place a eu lieu une recherche active de collaborations en France et à l'étranger avec des institutions et des chercheurs. En 2008, on comptait environ 5000 documents en ligne et 1,4 million de pages. Chaque mois, presque 2 millions de pages sont téléchargées par un public à 40% français, 30% européen et 30% venant d'autres parties du monde (notamment Etats-Unis). Les statistiques de consultation sont en croissance. L'un des développements récents est de proposer les documents téléchargeables en format PDF. Les contenus numérisés sont libres de droit et issus des documents de la BIUM ; les sujets pluridisciplinaires sont encouragés. Chaque document et chaque page ont une adresse numérique permanente qui permet la citation. Un serveur OAI a été mis en place en février 2007 afin de permettre le moissonnage des données. Enfin, la BIUM a mis en place un système de numérisation partagée, avec la BnF, le CESR, Paris 6 et la Cité des Sciences.
Toutefois se pose une question sur le devenir à moyen terme de la bibliothèque numérique : en effet, face au développement de grandes bibliothèques numériques (exemple de la numérisation de masse à la BnF), qu'adviendra-t-il des plus petites entreprises telles que celle de la BIUM (par exemple, le Wellcome Institute numérise chaque année 3 millions de pages alors que la BIUM en est à 300 mille) ? A l'heure actuelle, la BIUM continue dans la même optique, avec des contenus thématiques et une grande qualité de numérisation, une interface fiable et conviviale. Mais peut-être faudra-t-il à moyen terme opérer des changements. (L'orientation de numérisation pourrait se faire vers des documents uniques tels les archives, documents graphiques, ou exemplaires uniques ou présentant des particularités les rendant particulièrement précieux. La problématique des "petites" bibliothèques numériques m'intéresse particulièrement puisque nous sommes dans le même cas que la BIUM et une vraie réflexion est à mener sur le devenir de nos bibliothèques numériques)
3. Guillaume Hatt et Hélène Jouguet, ENC : les cartulaires numérisés d'Ile-de-France
La politique numérique de la bibliothèque de l'Ecole des chartes porte sur de petits corpus, consultables sur Elec, Editions en ligne de l'Ecole des chartes. Les cartulaires numérisés d'Ile-de-France en font partie. On trouve 15 cartulaires, et le corpus est enrichi de 5 cartulaires par an. Le choix de ce corpus s'est fait après le constat que ces éditions étaient très demandées par des lecteurs extérieurs à l'Ecole, notamment par l'intermédiaire du prêt entre bibliothèques. Les exemplaires de la bibliothèque ont été numérisés en mode image, puis on fait appel à un prestataire afin qu'il les numérise en mode texte. La navigation entre les deux modes est toujours possible pour les lecteurs, afin de faire les vérifications nécessaires. Le rôle de la bibliothèque est de choisir les ouvrages à numériser et de récupérer des prestataires les fichiers XML. Un gros travail est réalisé sur l'encodage (DTD TEI et métadonnées METS). L'encodage permet en effet un apport en matière de recherche. Un partenariat a été mis en place avec les chercheurs : ils réalisent pour chacun des cartulaires une introduction, pour l'édition en ligne. Un partenariat informel a été mis en place avec la BnF, car on trouve certains cartulaires dans Gallica, mais uniquement en mode image.
4. Aline Girard et Arnaud Dhermy, BnF : Gallica
Avec le passage à la numérisation de masse, la politique de numérisation de la BnF a beaucoup changé, et l'institution opère une politique de cocnertation à grande échelle, pour travailler au mieux à la constitution d'ensembles non redondants. Le passage en mars 2008 à Gallica 2 introduit de nouvelles possibilités pour les chercheurs. Les deux sites Gallica et Gallica 2 cohabiteront jusque mars 2009, date à laquelle Gallica 2 remplacera définitivement Gallica.
La politique de concertation numérique implique que la conservation des données numériques doit être garantie, dans le cadre d'un programme de concertation. On compte un certain nombre de partenariats : pour les sciences juridiques la bibliothèque Cujas, pour l'histoire de l'art la bibliothèque de l'INHA. Il existe aussi des partenariats pour des corpus plus ciblés : pour la numérisation de journaux des tranchées, participent la BDIC, la BNUS et la bibliothèque municipale de Lyon). Pour la numérisation des manuscrits et des éditions du Roman de la Rose, la BnF est le partenaire principal pour toutes les bibliothèques et se charge de la numérisation.
Les nouvelles fonctionnalités de Gallica 2 sont de données un accès plus important au mode texte. De plus, il permet de donner accès à des documents sous droits dans le cadre d'une expérimentation avec des institutions telles le centre syndical de l'édition ou le CNL par le biais d'e-éditeurs. C'est donc à la fois une librairie et une bibliothèque numérique.
Quel lien avec la recherche ? Il faut envisager comment valoriser un ensemble numérique. Trois orientations sont prises :
- axe de valorisation ponctuelle : par exemple des valorisations de type commémoratif
- choix de focus et de zooms proposés à la curiosité des internautes
- valorisation fondamentale, qui est le point central (je n'ai pas très bien compris ce qu'on entendait par valorisation fondamentale)
L'un des souhaits de la BnF est de faire connaître cette démarche, de faire savoir que ce sont des ressources disponibles, pour que les chercheurs puissent les valoriser. Gallica est également l'agrégateur pour les bibliothèques françaises qui souhaitent participer à Europeana. Elle a également commencé à s'étendre à la francophonie, avec un premier programme de numérisation portant sur la presse de l'ancienne Afrique française.
11:33 Publié dans Bibliothèques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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